Le Cotentin, beauté discrète de la Normandie

On entend souvent dire qu’il n’est pas nécessaire de voyager jusqu’à l’autre bout du monde pour se dépayser, s’enrichir de belles expériences, et developper ses connaissances. Dans différents domaines de la vie d’ailleurs la tendance est vraiment à l’appréciation des choses “simples”, “ordinaires” proches de chez nous. On nous encourage à porter un regard nouveau sur ce qui peut nous paraître familier, voire banal.  En ce qui concerne les voyages, la valorisation du “local” est surement  en partie motivée par une prise de conscience au regard des effets sur l’environnement des voyages en avion devenus de moins en moins chers ainsi que les conséquences néfastes dans certains endroits du tourisme de masse.

Lorsque nous habitons un pays comme la France si varié en terme de paysages, de cultures, de patrimoine, et de gastronomie (eh oui, il ne faut surtout pas oublier la gastronomie!!), nous sommes franchement gâtés.  Surtout lorsque nous possédons un camping-car et pouvons déplacer cette petite maison à quatre roues pour découvrir les nombreux trésors que recèle l’Hexagone.

C’est donc dans l’optique de découvrir un terrain inconnu que nous sommes partis en van au mois de février sur la route de la péninsule du Cotentin. Alors que les foules descendaient dans le sud-est du pays pour dévaler les pistes de ski, nous avons choisi de partir dans la direction opposée vers une région moins fréquentée à cette époque de l’année.

Cela faisait longtemps que j’avais envie de visiter le Cotentin. J’avais lu des descriptions qui m y incitaient; des articles évoquant une région sauvage, tranquille avec des paysages assez proches de ceux que l’on peut trouver en Écosse ou en Irlande. D’ailleurs, on a baptisé une partie de la péninsule  “la petite Irlande” car les resemblances avec l’Ile d’Émeraude sont notables. Peut-être que je n’aurais pas penché pour le mois de février comme époque idéale - la météo pouvant être capricieuse - mais finalement c’était une très bonne idée.   Par moment nous nous trouvions seuls sur de vastes plages; l’ambience était paisible et il était facile de circuler et de trouver des endroits où s’arrêter avec le van.

Nous avons d’ailleurs eu l’impression que les camping-cars sont les bienvenus dans le Cotentin : on y trouve de nombreuses aires et des aménagements pour les services. Bien sûr, nous y étions hors saison et non en plein été, mais étant donné la distance supplémentaire depuis Paris par rapport à d’autres régions de Normandie, il est probable que le secteur reste globalement moins saturé.

Et puis, bonus!: le soleil nous a honorés de sa présence pendant deux jours. Cela nous a permis d’apprécier toute la palette de  couleurs qu’offre la région: les nuances de la mer, les tons de la végétation, des landes…

Notre escapade de cinq jours nous a amené surtout à la côte, d’abord ouest, à Agon-Coutainville, Gouville-sur-Mer, Saint-Germain-sur-Ay, Biville. À Goury, nous nous sommes offert une nuit en camping ‘sauvage’ avec une vue absolument splendide sur le phare. Un beau coucher de soleil a changé la couleur du ciel peu à peu jusqu’à ce que la nuit tombe et la lumière du phare prenne vie pour nous tenir compagnie toute la nuit.

Après avoir quitté notre emplacement 5 étoiles, nous avons pris la route pour voir le plus petit port de France. Caché au bout du “Finistère le plus proche de Paris” comme disait Jacques Prévert qui habitait non loin de là, le Port Racine est un bijou ! Surtout lorsqu’il se dore au soleil et que la quiétude y règne. Pas de risque d’amarrage non voulu de gros bateaux de croisière ici! Nous avons également admiré le fameux Nez de Jobourg et profité de notre arrêt pour savourer une crêpe en terrasse - ce fut une expérience bien vivifiante!!

Vers la fin du séjour nous avons changé de littoral, mais les vues, l’ambiance et notre sentiment de bien-être sont restés tout aussi agréables. Dans la partie du Cotentin connue sous le nom du Val de Saire l’on trouve de jolis villages de pêche tels Barfleur et Saint Vaast-la-Hogue ainsi que des grandes plages de sable.

Pour varier le décor (et les odeurs ;)) pendant notre échappée nous avons découvert une superbe adresse à “La Ferme de Domi et Isa” située à Yvetot-Bocage.  Cet élevage de vaches laitières bio fait partie du réseau France Passion, un dispositif qui permet aux camping-caristes autonomes d’être accueillis chez des agriculteurs, des artisans et autres, le temps d’une étape.

Nous sommes vraiment fan de ce concept. C’est une formidable manière de découvrir des métiers, des savoir-faire, des passions et des modes de vie. Et dans le cas de cette ferme normande… des glaces délicieuses ! Dominique et Isabelle y produisent toute une gamme de glaces bio, aux parfums aussi tentants les uns que les autres — un vrai régal.

J’ai eu la chance d’échanger avec Dominique sur son métier, ses pratiques et les exigences liées à l’agriculture biologique. Ces conversations sont toujours d’une grande richesse : chaque rencontre est une ouverture sur une autre façon de vivre et de travailler.

L’agriculture d’ailleurs joue un rôle clairement très important dans le Cotentin. Comme partout en France, on y trouve des spécificités. Les fameuses carottes (“l’or orange”) par exemple qui poussent dans les “mielles” ces vastes étendues de sables côtiers autrefois recouvertes par la mer. C’est peut-être d’ailleurs grâce à toutes ces carottes que les Cotentinois sont si aimables!

Pour résumer, ces cinq jours passés dans le Cotentin nous ont donné envie de revenir dans cette région de Normandie, dont on parle finalement assez peu. C’est une destination encore négligée et sous-estimée, qui a pourtant énormément à offrir.




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Entre deux mondes