Un village accroché à la mer

Je vous présente un lieu unique et émouvant, qui ne laisse certainement pas ses visiteurs indifférents. J’avais très envie de découvrir le village de Crovie (prononcé « Crivie »), après avoir écouté un podcast qui le faisait découvrir à travers la voix d’une poète et écrivaine qui y vit*. Je n’ai pas été déçue : Crovie est un endroit à part, aussi singulier que touchant.

Pour vous donner un peu d’histoire, Crovie a été fondé par des familles qui avaient été expulsées de leurs terres afin de laisser place au pâturage du bétail, à la suite des soulèvements jacobites de 1715 et 1745.

La bande côtière est si étroitement coincée entre la falaise et la mer qu’il ne reste suffisamment de terrain que pour aménager un sentier le long de la digue, permettant d’accéder aux maisons. Les habitants ne disposent donc que d’un petit parking à l’extrémité ouest du village.

Crovie est considéré comme mieux préservé que tout autre village de pêcheurs de taille comparable en Europe. Les simples maisons en pierre de Crovie, couvertes d’ardoises et de tuiles plates, sont typiques de celles construites par les communautés de pêcheurs le long de la côte du Firth of Moray au XVIIIe siècle.

Les bâtiments d’origine sont orientés avec leur pignon face à la mer, de sorte que, tels des bateaux affrontant la tempête, ils offrent la moindre prise possible aux vents violents qui balaient cette partie de la côte pendant les mois d’hiver.

Au cours des premières années de l’établissement, les bateaux qui pêchaient au départ de Crovie appartenaient au propriétaire foncier local et étaient loués par les familles de pêcheurs. Le ressentiment suscité par le partage des bénéfices, qui était très souvent inégal, poussa les pêcheurs à construire leurs propres bateaux et, vers la fin du XVIIIe siècle, la situation du reste de la communauté s’était considérablement améliorée.

Petit à petit l’industrie de la pêche a diminué, et en 1953 une terrible tempête a détruit de nombreuses structures du village, emportant des parties de la digue, ainsi que les cabanes et endommageant des maisons. L’effet fût dramatique. Depuis lors, la plupart des bâtiments ont été transformés en locations de vacances.

*Ann Wiseman - Scotland Outdoors - “Crovie, a Village on the Edge”

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