Les oubliés du quotidien
Dans les jardins familiaux d’Orgeval, un crayon rouge attend le retour de son propriétaire
J’ai une fascination pour tout ce qui relève de la perte ou de l’abandon. Ne me demandez pas pourquoi.
Perdus, oubliés, séparés de leur groupe ou de leur propriétaire: en voyant les différents objets ci-dessous, un mélange de curiosité et d’attendrissement s’éveille en moi. Ils portent en eux quelque chose de presque pathétique, une fragilité.
Au delà de l’expérience universelle et banale d’oublier une écharpe sur un banc, la perte et la séparation des autres sont des notions qui nous renvoient à l’une de nos plus grandes craintes en tant qu’être humain: celle d’être laissé derrière, ou rejeté du groupe.
Plus simplement, quelles sont les histoires de ces objets photographiés? Parfois laissés là où ils sont tombés, parfois posés avec soin par un passant compatissant dans un endroit plus visible, ils sont le début d’un récit qui se construit dans ma tête. Des questions se soulèvent, des scénarios se dessinent, un narratif se tisse dans mon imagination féconde.
Je présente ici une première collection d’objets perdus, glanés au fil de mes balades et de mes sorties. Je précise qu’aucune mise en scène n’intervient dans ces photographies : chaque objet a été trouvé exactement comme vous le voyez, dans son environnement, tel quel. C’est précisément ce qui fait le charme de cette pratique : le plaisir de tomber, au détour d’un chemin, sur ces petites étrangetés du quotidien.